Semaine 3 – 30 octobre au 3 novembre – Sueurs, moustiques et secrétariat

Départ pour Douala lundi matin à 4h30. La pluie nous retarde un peu, pour la première fois je mets une veste, il fait frais en cette fin de nuit à Yaoundé.

Il fait même glacial dans le bus qui fera 4 heures pour nous emmener à Douala, pour cause de climatisation excessive. Le choc est d’autant plus grand en débarquant à Douala la gigantesque surchauffée.

Capitale économique du Cameroun, Douala, avec son port marchand sur l’Atlantique, est aussi le poumon économique de ce pays d’Afrique centrale et même de la zone CEMAC – Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale.

Lien pour un petit tour à Douala

Ici, plus question de terre rouge mais de sable, de zones marécageuses et d’étuves grouillantes de moustiques forcenés.

 

Les données de superficie et population sont floues sur google, les chiffres trouvés atteignent plus de 4 millions d’âme en 2009, avec la démographie galopante (plus de 50% de la population aurait moins de 15 ans) on peut imaginer qu’en 2017 on ait largement dépassé ce nombre d’un ou deux millions supplémentaires. Bref, comme déjà dit, les distances semblent infiniment plus grandes dans Douala qu’à Yaoundé. Et pour moi, tout cela représente sueurs dégoulinantes à longueur de journée et de nuit, ce qui n’est pas très glamour, fatigue écrasante, et constellations de piqûres de moustiques ou je ne sais quel insecte qui se sont glissés sous mes vêtements dans les taxis, et me valent des boutons rouges et proéminents en processions, heureusement à des endroits non visibles du public.

Je suis venue pour terminer les démarches de dédouanement, enregistrement, immatriculation, et j’en passe du véhicule de Nanaboco qui nous attend déjà depuis des semaines. Il s’agit du don d’un ami français qui nous a offert son véhicule usager. Le comité directeur Nanaboco a puisé dans ses fonds privés pour payer le transport (500 euros) et le reste. Reste qui dépasse le million et demi de CFA (2’500 CHF). Avoir une voiture au Cameroun, même une occasion déjà âgée, n’est pas à la portée de toutes les bourses. Espérons que ce véhicule représente bien un investissement à long terme pour Nanaboco. Il sera beaucoup plus pratique pour les déplacements de ville à ville que les transports en cars.

On monte, on descend, finalement tout est payé le mercredi, dédouanement, parking, manutention, impôts, etc, mais il faut attendre encore au moins 2 jours pour que le versement soit enregistré aux impôts, nous décidons de rentrer sur Yaoundé et sa relative fraîcheur et revenir le lundi suivant.

A Douala, je suis reçue par Marcel Kemadjou Djanke, un écrivain et poète qui fait mon bonheur de lectrice. Son dernier livre, « Dieu habite à Bangoulap » est véritablement un livre de semi-fiction qui invite à s’imprégner de l’art de vivre et de la spiritualité bamileke, et plus précisément du département du Ndé. De lecture facile, dans une langue imagée et poétique, les personnages se livrent dans des « racontages » qui me touchent profondément.

Vous trouverez l’auteur sous le nom de Kemadjou Raconteur, contactez-le pour savoir où trouver le livre

Mais Marcel, ou Kemadjou Raconteur comme il se fait appeler, interrompt mon interminable témoignage de lectrice comblée pour me faire parler de Nanaboco. C’était sans avoir qu’il me lançait à nouveau dans un discours interminable sur mes passions ! Lui-même est l’instigateur d’un Festival de Poésie dont la prochaine édition aura lieu en 2018. Ce festival itinérant se déplace dans des orphelinats, des prisons, et autres lieux où la parole bien dite peut apaiser les plaies de la vie.

Nous prenons rendez-vous pour début décembre à Bangoulap, peut-être pour une soirée de projection des films que nous avons amenés, peut-être pour une autre animation, et sûrement pour visiter les lieux de son dernier ouvrage.

Il parait qu’en tapant sur google « clowns » et « Yaoundé » on trouve notre site. C’est ainsi que Sébastienne, membre d’une association locale à la recherche de clowns pour animer leur fête de Noël, nous trouve et me contacte par ma boîte mail. Dans la foulée, il est également prévu que les clowns Nanaboco animent une autre fête de Noël offerte par son association à un orphelinat de Yaoundé. Les détails suivront, la rencontre est prévue pour samedi 4 novembre,mais d’ores et déjà par téléphone, je suis heureuse de ce nouveau contact chaleureux.

De retour à Yaoundé le jeudi, je vais voir ma voisine couturière avec
les modèles de costumes que j’ai dessinés pour renouveler les tenues des clowns Nanaboco, il est trop tard pour que les 4 tenues soient prêtes mercredi prochain, mais la commande est passée. Je cherche encore une entreprise capable de broder notre logo sur des coupons de tissus, à suivre également.

 

Une amie de Suisse qui a longtemps habité à Yaoundé m’a mis en contact avec une comédienne du lieu. Maryse m’appelle  pour échanger sur ma demande et mes projets. Elle m’indique que demain samedi je peux venir voir un dernier spectacle d’un petit festival à Nsimeyon, où je pourrai rencontrer d’autres comédiens et artistes et élargir mon réseau. Je me réjouis de clore cette 3e semaine de manière théâtrale !

La compagnie du mélangement